Adam et Eve

Publié le par the laika project

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“Ca ne me déplairait pas d’habiter là. Passer mes vacances.

Une semaine. Une vie.”


 

A la suite d’une apparition improbable, Eve bouleverse le territoire d’Adam. Ensemble, ils explorent de nouvelles frontières. Ce spectacle s’articule autour d’une envie claire : interroger, sur un plateau, notre rapport à la réalité dans toute sa complexité. En plongeant le public dans les tourments d’un individu, dans son intériorité, dans sa tête, nous développons un objet scénique qui dévoile alors un “temps suspendu.”

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Adam Nikolaïevitch Krassovski vit tout seul.Isolé depuis trop longtemps peut-être, Adam a été oublié. Et lui-même ne se souvient plus très bien. Abandonné, en perte de repères, il oublie constamment le but de sa présence. Est-il en mission ? Est-il le sujet d’une expérience ? Son regard titube sur la frontière entre folie, rêve, fantasme et angoisse.

Dans le réel ou dans l’irréel, une seule certitude solide : Tout cela est très important.

Une femme lui rend visite. Figure funèbre, elle se nomme peut-être Eva Artemievna Dagaran. Est-elle venue pour la perte ou pour le salut d’Adam ?

Et qu’y a-t-il dehors, par delà les trains et l’aboiement des chiens ?papier.jpg

 

L’origine

Ce projet est issu d’un exercice de l’ESACT (école d’acteurs du conservatoire de Liège), “carte blanche” en janvier 2009.

A cette occasion, Anja Tillberg, Sylvain Daï et Emilia Tillberg proposent un objet théâtral de 35 minutes sur une idée d’Anja Tillberg.

Cette proposition a été présentée à plusieurs reprises dans divers cadres de festivals dédiés à la jeune création :

• Janvier 2009, au conservatoire de Liège, présentation des “cartes blanches.”

• Septembre 2009, lors du festival “Tremplin, pépites & Co” au théâtre de l’Ancre à Charleroi.

• Octobre 2009 au Beursschouwburg (Bruxelles), dans le cadre du “Bâtard festival.“

• Janvier 2010, au “Vrak festival” de Bruxelles, organisé par L’L (lieu d’accompagnement et de recherche pour la jeune creation).

A la suite de cette dernière présentation, l’équipe est accueillie en résidence à L’L.

Elle s’enrichira alors de la présence de Yaël Steinmann et Cyril Aribaud.

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Note d’intention

Partant de cette première esquisse, nous n’avons cessé de sonder, d’explorer et de rêver le spectacle comme un voyage psychédélique, intemporel, multidimensionnel. Une promenade sinueuse où le spectateur, confronté à un dispositif scénique singulier, est plongé dans un moment de théâtre en suspension, qui lui permet de douter, pour un temps, de ce que l’on nomme réalité.

“Nous sommes ce que nous faisons semblant d’être, c’est pourquoi il faut faire attention à ce que nous faisons semblant d’être. “

Michail Boulgakhov

Adam se trouve toujours perché sur cette frontière entre réel et irréel, entre illusion et matière, entre intériorité et extériorité, entre souvenir et projection.

Ce territoire de l’entre deux, constitue le point de départ de “Pourquoi Eve vient-elle ce soir chez Adam ?” Il témoigne de ce paradoxe propre à notre génération, qui ne cesse d’évoluer dans un présent déchiré, tiraillé entre nostalgie du passé et course frénétique vers l’avenir.

Ce rapport au temps s’articule précisément sur le rapport au présent. Un présent toujours plus rapide, toujours plus performant, aux contours de plus en plus impalpables, et en inadéquation grandissante avec le temps de l’individu.

 Un présent donc, dicté par les lois de l’extériorité, rythmé par les battements asthmatiques d’une société marchande, à la cadence toujours plus insatiable.

De ce sentiment est né un objet théâtral singulier, qui tente de retranscrire et de créer un temps en suspension ; de cristalliser le présent, de distordre et disséquer l’espace intime. C’est là, dans ce trou noir artificiel, dans cette nébuleuse en apesanteur, qu’évolue Adam N. Krassovski.

Individualité refoulée qui tente désespérément de (re)formuler son rapport au monde. Un monde probablement plus dense et plus complexe derrière les apparences.

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Axes dramaturgiques

Nous entendons développer un langage scénique singulier qui s’orienterait vers une conception du théâtre comme un art de l’impression, de l’inscription mentale. Un art qui confronterait les spectateurs à une réalité en marge. Une réalité que cet art tenterait davantage de leur faire ressentir que comprendre : nous ne nous adressons pas à leur jugement moral mais à leur capacité d’êtres sensibles.

C’est de cette manière-là que nous voulons questionner le rapport que nous pouvons entretenir avec la réalité et tenter d’exprimer le “vertige”de sa densité. A cette fin, nous convoquons une série de concepts et outils parmi lesquels :

-Le dispositif scénique comme une récupération du dispositif de la télé-réalité (elle-même récupération de la réalité) : les spectateurs sont installés devant une boîte fermée et entrevoient l’espace scénique à travers de larges vitres, des miroirs sans tain. Ils peuvent donc voir les comédiens sans être vus des comédiens.

Avec un tel dispositif (passant par une matérialisation du 4ème mur), nous créons une situation de voyeurisme pur et, par là même, renforçons l’état de conscience du spectateur en tant que voyeur. Ceci, pour provoquer en lui un état de réception particulier : il ne vient pas pour assister passivement à une représentation, il est clairement là pour l’épier.

-Le spectateur est ensuite confronté à une impression de dilatation du temps par l’interaction de trois entités, à la fois indépendantes, et intimement entrelacées : l’espace, Adam et Eve. Ensemble, ils construisent une histoire ponctuée de courts-circuits d’ordre poétique, d’actions absurdes, qui viennent tordre davantage encore l’idée de télé-réalité et annoncent la “vraie” couleur de la représentation : emporter les spectateurs dans un voyage psychédélique et sensible.

-Ellipses, ralentis, accélérations, répétitions/déformations de séquences sont autant de procédés scéniques avec lesquels nous jouons pour envisager autrement le rapport au temps de la représentation et du récit. Ils font écho à la forme littéraire du journal intime d’Adam, base fictive, qui légitimise et cadre la narration non linéaire, chaotique et spontanée du “récit.”

-Afin de créer un réservoir d’inspiration plastique, une “bible visuelle” de nos recherches théâtrales menées à L’L, Emilia Tillberg a conçu un story-board, lequel est aujourd’hui devenu une bande-dessinée autonome à la puissance plastique et poétique forte.

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Eve

-Imaginez que vous plongez dans cette eau. vous vous laissez couler au fond du lac. Il y a une porte. Vous voyez cette porte?

Adam

-Je crois oui, je ne suis pas très sûr.

 

Mise en scène

L’articulation de notre objet scénique est sous-tendue par une dynamique de l’opposition, de frottement entre différents paramètres, permettant de rendre palpable un territoire limite, de créer un trouble, une étrangeté, une tension qui tend à faire directement impression sur le spectateur.

Dans le travail sur le jeu des acteurs, la question du rapport espace public/espace scénique est traitée par un jeu constant sur l’ambiguïté d’être “visible et épié.”

Nous appréhendons par ailleurs l’espace comme un personnage organique, vivant, toujours mobile et changeant, évoluant au gré des pensées d’Adam.

Ces impressions se traduisent directement par le travail de la lumière et du son.

Le travail sur le son, par l’utilisation de micros HF et de capteurs d’ambiance, nous permet de développer un jeu sur les perceptions (auditives) des spectateurs et de créer un sentiment de proximité qui crée un “paradoxe” avec le sentiment physique qu’offre le quatrième mur.

Le jeu des lumières donnera aussi tour à tour à cet espace des allures de bureau de fonctionnaire, de cellule d’isolement, de cuisine urbaine.

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L’équipe :

Yaël Steinmann (assistante)

 Cyril Aribaud (régie lumière)

Emilia Tillberg (régie son)

Anja Tillberg (interprétation)

Sylvain Daï (interprétation)

 

Ecriture, scénographie et mise en scène collective.

Une production Shanti Shanti asbl, avec le soutien de L’L, lieu d’accompagnement et de recherche pour la jeune création.

Les publics : Notre création s’adresse au plus grand nombre, nous souhaitons qu’elle soit accessible à tous.

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